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Brusque fin du charbon en 2075 ou 2048 ?

Les réserves prouvées de charbon sont passées de 227 à 144 années de production entre 1999 et 2005. Le charbon aura-t-il une fin brusque dès 2048, selon la tendance actuelle d'augmentation de la production, ou seulement en 2075 selon une progression plus faible de celle-ci ?

A en croire les économistes et les experts de diverses organisations, la production d'énergie continuerait d'augmenter au cours des prochaines décennies. Ceux-ci nous disent qu'il reste tel nombre d'années avant l'épuisement des ressources de pétrole, de gaz naturel ou de charbon. Le nombre indiqué correspond en fait au rapport entre les réserves exploitables et la production d'une année de l'énergie fossile considérée.

Cette façon de raisonner est très simpliste à plusieurs titres :


La production mondiale de charbon a augmenté en moyenne de 2,9 % par an de 1996 à 2006 et de 5,1 % par an de 2001 à 2006. Pour la période allant de 2005 à 2030, l'agence internationale de l'énergie (AIE) envisage une augmentation moyenne de 2,2% par an de la production de charbon (World Energy Outlook 2007).

Cependant, la production de pétrole atteindra son maximum (peak oil) au cours des prochaines années, avant de décliner. Une partie de la demande d'énergie ne pouvant être satisfaite par le pétrole se répercutera alors sur le charbon, d'autant plus importante que le déclin du pétrole sera rapide. En l'absence d'une importante réduction de la consommation d'énergie, le taux actuel de 5 % de croissance par an de la consommation et de la production de charbon se poursuivra encore très longtemps.


Plusieurs variétés de charbon, aux caractéristiques différentes, sont regroupées dans les statistiques les plus courantes. La qualité d'un charbon varie selon la teneur en carbone, en éléments volatils, en eau, en soufre, en cendres et selon son pouvoir calorifique.

Les charbons bitumineux sont les plus riches, en particulier l'anthracite qui existe en faible quantité (1%). La répartition des différentes catégories est estimée à 53 % pour le charbon bitumineux (y compris l'anthracite), 30 % pour les sous-bitumineux et 17 % pour le lignite (charbon brun).


Le charbon n'en a pas pour deux siècles, comme on l'entend souvent dire, mais pour beaucoup moins longtemps. En six ans, entre 1999 et 2005, les réserves prouvées de charbon ont diminué de 14 %. Exprimé en années de production, ces réserves sont passées de 227 à 144 ans, soit une diminution de durée de 83 ans (- 36 %) en six ans.


Réserves prouvées et production de charbon (toutes catégories)
En millions de tonnes, charbon bitumineux, sous-bitumineux et lignite
Millions de tonnes 1999 2002 2005
 Réserves prouvées 984 453   909 064   847 488  
 Production annuelle 4 343   4 823   5 901  
 Ratio R / P 227 ans   188 ans   144 ans  
Source : World Energy Council - Survey of Energy Resources 2001, 2004, 2007


Entre 1999 et 2005, les réserves ont diminué quatre fois plus vite (4,4 fois) que le cumul de la production au cours des six années. La diminution est surtout due à un affinement des évaluations antérieures. Les réserves sont celles à la fin de l'année indiquée.

L'évolution est encore plus rapide pour le charbon bitumineux, le plus riche et le plus intéressant. En six ans, de 1999 à 2005, la production annuelle de charbon a augmenté de 36 % (soit 5,3 % par an) et de 48 % pour le charbon bitumineux (6,7 % par an).


Réserves prouvées et production de charbon bitumineux
En millions de tonnes, charbon bitumineux, (y compris anthracite)
Millions de tonnes 1999 2002 2005
 Réserves prouvées 519 062   478 771   430 896  
 Production annuelle 3 011   3 451   4 445  
 Ratio R / P 172 ans   139 ans   97 ans  
Source : World Energy Council - Survey of Energy Resources 2001, 2004, 2007


La date de la fin du charbon se rapproche chaque année, si l'on suit le raisonnement simpliste des économistes, tout en le corrigeant pour tenir compte de la croissance continue de la production de charbon. Deux estimations de croissance ont été étudiées.


Production et réserves de charbon : croissance de 2,2 % par an
En millions de tonnes, charbon bitumineux, sous-bitumineux et lignite
2,2 % Production Cumul Réserves R / P Fin
2005 5 901   -   847 488   144   2149
2010 6 580   31 500   816 000   124   2134
2020 8 180   105 800   741 700   91   2111
2030 10 170   198 200   649 300   64   2094
2040 12 640   313 000   534 500   42   2082
2050 15 682   455 800   391 700   25   2075
En supposant après 2050 une production constante et égale à celle de 2050. En continuant la tendance jusqu'à épuisement, le charbon aura disparu en totalité en 2070.


Production et réserves de charbon : croissance de 5,0 % par an
En millions de tonnes, charbon bitumineux, sous-bitumineux et lignite
5,0 % Production Cumul Réserves R / P Fin
2005 5 901   -   847 488   144   2149
2010 7 530   34 200   813 300   108   2118
2020 12 270   133 700   713 800   58   2078
2030 19 980   295 700   551 800   28   2058
2040 32 550   559 700   287 800   9   2049
2047 45 800   838 000   9 500   0   2048


La date d'épuisement du charbon varie selon la qualité du charbon.
Puisque les qualités de charbon ne sont pas équivalentes, il faut surtout se préoccuper de l'épuisement des réserves de charbon bitumineux, celui de la meilleure qualité, au pouvoir calorifique le plus élevé et le seul a pouvoir être transformé en coke pour la métallurgie (fabrication du fer et de l'acier).

Alors qu'une étude trop générale indique une disparition du charbon en 2070 ou en 2048, selon le taux de croissance de la production (2,2 % ou 5,0 %), une étude plus précise montre que le charbon bitumineux aura été épuisé en 2056 ou en 2040 pour les mêmes taux de croissance. La production de lignite, un charbon de faible qualité, pourra se maintenir plus longtemps, mais cela présente peu d'intérêt. Son seul usage est la production d'électricité dans les centrales thermiques, électricité qui sera produite sans pollution et à moindre coût par les énergies renouvelables dans moins de vingt ans.


Les réserves de charbon n'ont pas augmenté malgré un prix qui a doublé entre 1999 et 2005, comme le voudrait une théorie économique simpliste selon laquelle "les réserves augmentent avec les prix". Au contraire, les réserves "prouvées" de charbon ont diminué de 14 % en tonnage. Les réserves réelles sont sans doute bien inférieures. Par exemple, sans aucune découverte nouvelle et malgré une production très importante, les réserves n'ont pas été ajustées depuis 1996 en Russie et depuis 1990 en Chine.

En réalité, la production de charbon passera par un maximum vers 2030, avec une production proche de 8.000 millions de tonnes par an, puis entrera en déclin. Comme pour le pétrole et le "peak oil", la production charbonnière passera par son "peak coal".


Sources :


2008-02
Texte seul pour impression : fichier doc ou rtf



Site : http://futura24.site.voila.fr/index2.htm