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Les énergies d'origine fossile sont celles provenant de la décomposition de la matière organique, pour l'essentiel végétale, au cours de millions d'années, dans des conditions géophysiques et géochimiques particulières, pour produire le charbon (et aussi le lignite et plus récemment la tourbe), le pétrole et le gaz naturel.
Ces sources d'énergie ne sont pas renouvelables et les gisements qui les contiennent s'épuisent avec le temps.
On entend souvent dire qu'il reste tel nombre d'années de production pour chacune de ces ressources, nombre obtenu en divisant la quantité estimée dans les réserves par la quantité produite au cours d'une année récente.
Cette façon de raisonner est trompeuse. Par exemple, le pétrole ne va pas disparaître du jour au lendemain comme une carafe d'eau qui se vide au cours d'un repas.
L'essentiel est de connaître la production annuelle de charbon, de pétrole ou de gaz qu'il est possible de réaliser en tenant compte des réalités géophysiques des gisements comme des moyens humains, techniques et financiers qu'il est possible de mobiliser pour réaliser cette production.
On s'aperçoit alors que les productions annuelles de charbon, de pétrole ou de gaz peuvent augmenter pendant un certain temps, mais finissent par atteindre un maximum avant de décliner. C'est ce qui commence à être connu sous le terme de "pic du pétrole" ou "pic pétrolier" (peak oil) et est valable pour chaque source d'énergie fossile ou fissile.
Ainsi, il semble que la production de pétrole ait atteint son maximum en 2006 ou l'atteigne en 2007, selon que l'on se base sur la production mensuelle, trimestrielle ou annuelle. Ensuite, la production diminuera de façon plus ou moins rapide selon les aléas du climat (hivers froids) et de l'économie (récession).
Comparée au niveau actuel, la production de pétrole sous toutes ses formes, du brut aux sables bitumineux et aux agrocarburants, serait réduite d'un quart en 2020 et de moitié en 2030.
Le maximum de production serait atteint vers 2025 pour le gaz naturel, avec un déclin comparable à celui du pétrole, et vers 2030 pour le charbon, avec un déclin plus modéré pendant les dix premières années.
L'énergie fissile est celle issue de la fission du noyau atomique, pour l'essentiel celui de l'uranium. En France, le plutonium est associé à l'uranium dans le combustible MOX pour être utilisé dans certaines centrales nucléaires.
L'uranium connaîtra une sérieuse pénurie à partir de 2015, la production minière n'étant pas en mesure de satisfaire la demande de consommation et les sources secondaires (stocks civils et militaires ...) se trouvant épuisées à cette date. Une dizaine d'années plus tard, en 2025, la production d'uranium atteindra son maximum et commencera à décliner à un rytme aussi soutenu que celui du pétrole.
La fusion, une autre énergie nucléaire, est étudiée depuis cinquante ans sans résultats probants. Les projets actuels de réacteurs de recherche, d'évaluateurs et de prototypes, étalés dans le temps, pourraient aboutir à la réalisation de réacteurs destinés à la production commerciale d'électricité vers 2100. Cependant, il est très probable que de telles recherches auront été abandonnées bien avant cette date.
Le prix de l'électricité nucléaire devrait bientôt doubler Lorsque le prix de l'oxyde d'uranium U3O8 était de dix dollars la livre, l'uranium comptait pour environ 5% du coût de production de l'électricité nucléaire. Avec un prix de cent dollars la livre, cette proportion devient 34% et le coût de production du kWh nucléaire augmente de 45%.
Rapports sur les énergies fossiles et fissile Le pétrole a atteint son maximum de production, avant celui de l'uranium en 2025, celui du gaz en 2025 aussi, celui du charbon en 2030. Les rapports du Energy Watch Group montrent les limites annuelles de production des énergies fossiles et fissile.
Electricité, nucléaire et CO2 L'électricité nucléaire représente seulement 2,1% de l'énergie primaire mondiale et 3,0% de l'énergie finale. Doubler d'ici 2030 la puissance nucléaire installée pour produire de l'électricité est non seulement impossible mais n'aurait pas d'influence sur les émissions de CO2 et de gaz à effet de serre (GES).
Brusque fin du charbon en 2075 ou 2048 ? Les réserves prouvées de charbon sont passées de 227 à 144 années de production entre 1999 et 2005. Le charbon aura-t-il une fin brusque dès 2048, selon la tendance actuelle d'augmentation de la production, ou seulement en 2075 selon une progression plus faible de celle-ci ?
Les réacteurs de 4e génération : une illusion pour l'énergie Les réacteurs nucléaires de 4e génération arriveront trop tard pour empêcher le déclin de l'énergie nucléaire, dû à la baisse prochaine de la production d'uranium. Douze tonnes de plutonium sont nécessaires pour démarrer un réacteur de quatrième génération.
Les échanges d'électricité et le nucléaire
L'électricité d'origine nucléaire n'assure pas la sécurité de la production d'électricité lorsque les besoins sont les plus importants. Le nucléaire produit au contraire un excès d'électricité lorsque les besoins sont faibles.
Les réacteurs nucléaires en France en 2007 La France est équipée de 58 réacteurs nucléaires d'une puissance de 880 à 1.500 MWe. Leur puissance totale est de 63.130 MWe et leur production annuelle théorique est de 553.019 GWh.
Voir aussi les Energies renouvelables et les Sites et documents relatifs à l'énergie.
Comme le montrent les études citées, les énergies renouvelables peuvent fournir la moitié des ressources du monde en énergie en 2050 (les deux tiers pour l'électricité), dans le cadre d'un usage responsable de l'énergie et d'une meilleure efficacité énergétique, permettant ainsi de réduire de moitié les émissions de CO2 sans nuire à notre confort.
C'est la seule façon d'éviter le changement climatique, dont la cause est une utilisation croissante des énergies fossiles, productrices de CO2. La poursuite des tendances actuelles, comme l'envisage l'Agence internationale de l'énergie, serait catastrophique pour le climat.
A titre d'exemple, voici l'évolution possible de la production mondiale d'électricité selon le Conseil européen de l'énergie renouvelable, tenant compte du développement économique des différentes parties du monde.
Production d'électricité dans le monde de 2010 à 2050
Scénario de référence de l'AIE - selon WEO 2004 (extrapolé pour 2040 et 2050)
En TWh / an - téraWatt heures par an
| TWh / an | 2003 | 2010 | 2020 | 2030 | 2040 | 2050 |
| Production totale | 16 662 | 20 030 | 25 617 | 31 589 | 38 245 | 46 501 |
| Energies fossiles | 11 015 | 13 226 | 17 778 | 22 741 | 28 574 | 36 206 |
| Nucléaire | 2 641 | 2 984 | 2 975 | 2 867 | 2 797 | 2 730 |
| Energies renouvelables | 3 007 | 3 821 | 4 864 | 5 981 | 6 875 | 7 564 |
| Consommation finale d'énergie | 13 675 | 16 568 | 21 279 | 26 282 | 31 951 | 39 008 |
| TWh / an | 2003 | 2010 | 2020 | 2030 | 2040 | 2050 |
| Production totale | 16 662 | 17 308 | 20 234 | 23 292 | 27 018 | 30 935 |
| Energies fossiles | 11 015 | 11 110 | 11 215 | 10 624 | 10 003 | 9 491 |
| Nucléaire | 2 641 | 2 094 | 1 331 | 65 | 0 | 0 |
| Energies renouvelables | 3 007 | 4 104 | 7 688 | 12 603 | 17 015 | 21 444 |
| Consommation finale d'énergie | 13 675 | 14 188 | 16 614 | 19 189 | 22 516 | 26 009 |